De nombreuses personnes atteintes de la maladie de Crohn souffrent de problèmes digestifs persistants, même après que leur état semble contrôlé par un traitement médical standard. Cette déconnexion entre la rémission clinique et les symptômes persistants comme les ballonnements, les gaz et la diarrhée est courante. Le régime pauvre en FODMAP peut offrir un moyen de gérer ces sensibilités intestinales persistantes, bien qu’il ne s’agisse pas d’un traitement pour l’inflammation sous-jacente elle-même.
Pourquoi c’est important : Environ 20 % des patients en rémission de la maladie de Crohn souffrent toujours de symptômes qui ressemblent au syndrome du côlon irritable (SCI). Ce chevauchement peut rendre difficile la détermination si l’inconfort provient d’une inflammation active ou d’une sensibilité intestinale accrue. L’approche faible en FODMAP aide les patients à identifier les aliments déclencheurs et à améliorer leur qualité de vie lorsque l’inflammation est sous contrôle.
Que sont les FODMAP ?
FODMAP signifie oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles, un groupe de glucides à chaîne courte que certaines personnes ont du mal à digérer. Lorsque ces sucres atteignent le côlon sans être digérés, ils fermentent, entraînant une production de gaz et un inconfort intestinal.
La diététiste Danielle Gaffen explique : « Ces molécules de sucre sont mal absorbées, elles se déplacent donc vers le côlon où elles fermentent, entraînant la production de gaz et la sensibilité intestinale. » Les symptômes courants comprennent les ballonnements, les douleurs abdominales, les gaz, la constipation et la diarrhée.
Comment fonctionne le régime pauvre en FODMAP
Le régime suit un processus en trois phases : élimination, réintroduction et personnalisation.
Phase 1 : Élimination (2 à 6 semaines)
Supprimez temporairement les aliments riches en FODMAP tels que les produits laitiers contenant du lactose, les produits à base de blé, certains fruits (pommes, poires), le sirop de maïs à haute teneur en fructose, les oignons, l’ail et les légumineuses. Cela calme les symptômes digestifs et établit une base de référence pour identifier les déclencheurs. De nombreux patients signalent des améliorations en quelques semaines.
Phase 2 : Réintroduction (4 semaines)
Réintroduisez progressivement les aliments, un groupe FODMAP à la fois, en surveillant attentivement la récurrence des symptômes. Cela permet d’identifier les déclencheurs individuels. Par exemple, testez le lactose pendant une semaine, puis le fructose, et ainsi de suite.
Phase 3 : Personnalisation
Établissez un modèle alimentaire à long terme qui minimise les aliments déclencheurs tout en maintenant l’équilibre nutritionnel. Il est essentiel d’identifier des aliments alternatifs pour éviter les carences.
Risques et précautions
Le régime pauvre en FODMAP peut entraîner des carences nutritionnelles s’il est suivi de manière trop stricte ou pendant trop longtemps. La recherche montre que la phase d’élimination peut réduire les niveaux de thiamine, de riboflavine, de calcium, de fer, de zinc et de magnésium. Cela peut également perturber la diversité des bactéries intestinales.
“Une restriction prolongée peut avoir un impact négatif sur le microbiome, réguler négativement les enzymes digestives et réduire la tolérance alimentaire au fil du temps”, explique Kristen Bentson, spécialiste de la nutrition. Les conseils professionnels d’un diététiste professionnel sont essentiels pour éviter les carences et réintroduire les aliments en toute sécurité.
Conseils pratiques
- Variété : Alternez les aliments faibles en FODMAP pour éviter l’ennui et garantir l’apport en nutriments.
- Applications : Utilisez des outils tels que l’application Fig ou l’application FODMAP Diet de l’Université Monash pour identifier les ingrédients déclencheurs.
- Échanges de saveurs : Utilisez des huiles infusées à l’ail ou de la poudre d’asafoetida pour une saveur sans FODMAP.
- FODMAPs cachés : Vérifiez les étiquettes pour la poudre d’ail, la poudre d’oignon et certains édulcorants.
- Taille des portions : Même les aliments faibles en FODMAP peuvent déclencher des symptômes s’ils sont consommés en excès.
L’essentiel : Le régime pauvre en FODMAP peut aider à gérer les symptômes tels que les ballonnements et l’inconfort abdominal chez les patients atteints de la maladie de Crohn en rémission mais avec des symptômes persistants de type SCI. C’est un outil permettant d’identifier les déclencheurs alimentaires individuels, mais il ne traite pas l’inflammation. Travailler avec une équipe soignante garantit l’équilibre nutritionnel et la réintroduction sécuritaire des aliments.






























