Les rétines électroniques restaurent la vision partielle : une avancée pour les patients atteints de dégénérescence maculaire

21

Les chercheurs ont franchi une étape importante dans la restauration de la vision centrale chez les personnes atteintes de dégénérescence maculaire avancée, grâce à un nouveau système d’implant rétinien électronique appelé PRIMA. Cela représente un passage du simple ralentissement de la progression de la maladie à la récupération active des fonctions perdues, même si la technologie ne constitue pas un remède.

Le défi de la perte de vision et les premières tentatives

Pendant des décennies, les scientifiques ont poursuivi l’objectif de contourner les rétines endommagées grâce à des alternatives électroniques. Les premiers appareils de vision artificielle offraient des fonctionnalités limitées, permettant uniquement aux patients de percevoir la lumière ou des formes de base. Ces systèmes reposaient souvent sur des connexions filaires permanentes, ce qui créait des obstacles importants à leur utilisation pratique. Tout en prouvant que le concept était possible, ils n’ont pas réussi à fournir une vision utile au quotidien.

Comment fonctionne PRIMA : restauration de la vision sans fil

Le système PRIMA représente un grand pas en avant. Il se compose de trois éléments clés :
– une minuscule puce de silicium implantée chirurgicalement sous la rétine, ciblant la zone responsable de la vision centrale.
– des lunettes spécialisées équipées d’une caméra qui capture des images externes.
– un processeur portable qui convertit ces images en signaux lumineux invisibles.

La puce traduit ensuite ces signaux en impulsions électriques, stimulant les cellules photosensibles restantes et transmettant les informations visuelles au cerveau. Essentiellement, PRIMA fonctionne sans fil et tire son énergie de la lumière, minimisant ainsi les problèmes de sécurité. Les lunettes sont transparentes, préservant la vision périphérique tout en comblant l’angle mort central.

Résultats des essais cliniques : améliorations mesurables de la vue

Une étude récente a suivi des patients pendant 12 mois à l’aide du système PRIMA. Les résultats étaient prometteurs :
80 % des participants pouvaient lire en moyenne 10 lettres supplémentaires sur un tableau oculaire après un an.
– L’amélioration moyenne était de 25 lettres, certains gagnant jusqu’à 59 lettres en capacité de lecture.
– La vision latérale n’est pas affectée, ce qui indique que l’implant ne compromet pas la vue existante.

Les patients ont déclaré utiliser l’appareil à la maison pour des tâches telles que la lecture de lettres et de chiffres, avec un grossissement et une formation permettant à certains de lire les petits caractères. Cela démontre que même une restauration partielle de la vision centrale peut améliorer considérablement la qualité de vie.

Risques, limites et implications futures

Bien que PRIMA constitue une avancée majeure, elle n’est pas sans limites. La chirurgie oculaire comporte toujours des risques inhérents, et certains patients ont présenté des complications dans les mois suivant l’implantation. L’appareil ne guérit pas la dégénérescence maculaire ; la maladie continue de progresser. Les patients ont besoin d’une formation pour s’adapter à la nouvelle façon de voir et l’acuité visuelle reste limitée.

Malgré ces réserves, le système PRIMA prouve que les petits appareils électroniques sans fil peuvent restaurer partiellement la vision fonctionnelle. La technologie est désormais considérée comme un outil clinique viable, et les futures itérations pourraient offrir encore plus de détails et une intégration transparente avec la vision naturelle restante. Cette étape importante souligne la convergence croissante de la biologie humaine et de la technologie, ouvrant la voie à des méthodes de restauration de la vision plus avancées.